
* Pour la saison régulière, qui comportait 34 matches. (rajoutez trois matches pour les play offs face à Pau-Orthez...)

Pour sa troisième saison complète à la tête de l'ALM Evreux Basket (sans oublier les sept derniers matches de la saison 2006/2007), Rémy VALIN n'a conservé que trois joueurs de l'année précédente et non des moindres en la personne de Philippe DA SILVA dont la venue en cours de saison à 12 matches de la fin avait permis un maintien tranquille et sans souci, après une saison manquée car marquée par les blessures (celles durables de Martin LE PELLEC, Eric MICOUD et de Nick POPE notamment).
Et marqué les esprits par sa personnalité attachante, si méditerranéenne... Pour ce faire, il a accédé à la demande de son meneur international portugais qui souhaitait un contrat de deux ans pour la stabilité de sa famille mise à mal par les trop nombreux changements de clubs (et de pays) de ces dernières années. Après une carrière incroyable à parcourir l'Europe, à jouer des matches au couteau (quatre saisons à jouer les play offs) en Espagne ou au Portugal, sans oublier les sélections en équipe Nationale du Portugal (82 fois depuis 2001 et quatre championnats d'Europe!), Philippe voulait se poser et poser sa famille. Le suspense ne durera pas longtemps, pour la plus grande joie des deux parties. Il réussira une saison exceptionnelle, frôlant le titre de MVP de toute la ProB mais meilleur meneur incontestable avec 8,3 passes décisives en moyenne. (10,1 pts, 5 rebonds et surtout 14,9 à l'évaluation). Une bien jolie réussite humaine et sportive...
En la personne aussi de sa mascotte, son complice, James MATHIS dont il fera son capitaine. Rémy VALIN s'est toujours loué de pouvoir compter sur ce joueur qu'aucun supporter n'oubliera. Songez qu'à l'issue de cette saison 2009/2010, Jay le plus français des Américains, en trois ans et 104 matches marquera en moyenne 13,9 points par match à 50,7% (et 7,2 rebonds) et 15,6 à l'évaluation. Ce que nombre de joueurs rêveraient de réussir sur un seul match. Rien qu'avec ces deux-là, sortes d'assurances tous risques, sur les bords de l'Iton la saison s'annonçait bien. Il y avait encore Mérédis HOUMOUNOU. Là, les choses avaient été claires entre le coach et lui, qui lui avait juste dit ceci, avant saison: «Je sais que je prends un risque avec toi et tu le sais mais je crois en toi, je ne te demande que de réussir en match ce que tu nous fais à l'entraînement...». Message reçu par le jeune joueur formé au Havre qui a su profiter de la présence à ses côtés de Philippe DA SILVA pour trouver sa voie et surtout son véritable poste d'arrière explosif et dynamiteur pour devenir au même titre que Mory CORREA le véritable 6ème homme de cette équipe (20 minutes de temps de jeu pour 6,3 points et 7,4 à l'évaluation).
C'est en s'appuyant sur cette épine dorsale que le coach va bâtir l'une des plus belles équipes de ces dernières années, la première construite à 100% par ses soins. Une équipe enthousiasmante lors d'une grande partie de la saison dont le principal mérite aura été de remplir de nouveau le Centre Omnisports.
Derrière l'incontournable James MATHIS, meilleur marqueur de l'équipe avec 13,9 pts à 49% (et 7,2 rebs) les deux ailiers américains Michael DOLES, deuxième marqueur avec 13,2 pts à 49% également (et 3,8 rebs) et Josh GOMES, deuxième marqueur lui aussi avec 13,2 pts à 50%, très adroit à trois points à 46,2% et aux lancers francs (où il réussira le sans faute jusqu'à la 22ème journée) nous gratifieront de deux premiers tiers de championnat excellents avant de baisser de pied dans la dernière partie...
Aux côtés de Philippe DA SILVA et des trois joueurs américains dans un cinq majeur quasi inamovible, Benoit TOFFIN réussira un come back dans sa ville de toute beauté avec une saison très complète et convaincante avec 11,3 pts à 58,7% (joueur le plus adroit à deux points à 65,8%!) et 4,2 rebs en 25 minutes de jeu, l'une des plus belles évaluations de tout le championnat à … la minute. Faisant office à la fois de grand frère et de rassembleur.
Un autre enfant du pays est de retour après être allé s'aguerrir en Nat1, Karim DAHAK, désireux de faire ses preuves à ce niveau, ce qu'il parviendra à faire en fin de saison en se lâchant, après avoir surtout été utile durant toute la saison à Philippe DA SILVA pour le soulager (1,8 pts mais 2,0 à l'évaluation en 27 matches et 8 minutes). Karim n'était pas venu seul de Challans, il avait emmené avec lui son compère, venu lui aussi se ressourcer l'espace d'une saison à l'étage inférieur. Mory CORREA a parfaitement tenu le rôle qui lui avait été dévolu, de venir au remplacement soit de James MATHIS, soit de Benoit TOFFIN, ce qu'il réussira avec une belle sobriété (8,2 pts à 54,4% en 34 matches et 20 minutes de jeu, 4,4 rebs et 9,4 à l'évaluation).
Les deux petits derniers ont eu un apport moindre. Guillaume SENE aura l'excuse de s'être blessé à deux reprises et n'a pu s'exprimer comme il l'aurait souhaité (2,2 pts en 24 matches et 12 min et 2,7 à l'éval). Son apport aura surtout été précieux par sa défense sur l'homme. Namori MEITE lui, n'aura fait que de la figuration, s'illustrant surtout par son côté boudeur sur le banc, lui qui venu du Paris Levallois rêvait de gloire et de temps de jeu et qui ne se lâchera que lors du 37ème match de la saison, lors de la fin de l'aventure à Pau Orthez où il réussira la bagatelle de … cinq tirs primés!
Ce qui frappe aussi au vu de cette saison, c'est que le coach, c'est le moins qu'on puisse en dire, n'a pas été dispendieux, dix joueurs ont démarré la saison et les mêmes dix joueurs l'ont terminée (mais quatre d'entre eux seulement ont joué tous les matches).
Tout comme lors des saisons précédentes, l'équipe a bien démarré le championnat, avec six victoires lors des huit premiers matches, se sortant notamment de deux matches pièges face aux deux promus Fos sur Mer et Bordeaux. Las le neuvième match, à domicile face à Bourg en Bresse (76-85) stoppera la dynamique et refroidira les ardeurs. Mais cette équipe s'est toujours reprise après un faux pas et au bout de 14 journées, le maintien était d'ores et déjà quasi assuré avec dix victoires (dont 5 à l'extérieur) et quatre défaites. Las, une nouvelle sortie de route face à Nanterre cette fois-ci (74-84) ralentira encore sa progression jusqu'à ce match épique gagné après prolongation face à l'ogre Limoges (89-85), grâce notamment aux 13 passes décisives de Philippe DA SILVA qui en avait déjà délivré 12 face à Bordeaux et 16 face à Aix-Maurienne. Pour ce match, la salle était comble pour la première fois depuis des années et cela ne se démentira plus jusqu'à la fin de la saison...
Une nouvelle fois cependant, un couac retentissant contre Saint Vallier (81-87), fera douter les supporters locaux avant que l'équipe ne se décide à devenir intransigeante à domicile face à Quimper puis Antibes et enfin Boulazac. On en est à la 24ème journée et l'ALM est alors deuxième juste intercalée entre Pau Orthez et Limoges avec seize victoires dont sept à l'extérieur! Et tout à coup, ce sera la panne sèche, le trou noir: lors des dix matches suivants, l'équipe ne remportera plus que trois victoires (dont la plus belle au Portel) pour assurer le minimum syndical pour décrocher la huitième et dernière place en vue des play offs, synonyme d'affrontement avec le champion Pau Orthez, celui que secrètement tous les joueurs souhaitaient affronter, en espérant secrètement sa démobilisation et en s'appuyant sur les deux matches de la saison régulière où ils avaient eu la désagréable sensation de ne pas avoir été vaincus à la régulière.
Cela sera alors l'un des plus retentissants exploits de l'histoire de l'ALM avec le gain de la première manche dans l'antre béarnais (67-66). Toute une ville se prend à rêver lors du match retour mais l'armada paloise forte de ses seize joueurs sous contrat dont trois estampillés Euroligue a tôt fait de remettre les pendules à l'heure lors des deux matches suivants qu'elle remporte sans coup férir, forte de son culture de la gagne à tout prix. Mais les bases sont posées, un club est en train de renaître par la grâce de son coach qui est aussi son recruteur et son préparateur physique. A 32 ans, Rémy VALIN est le premier à dépasser la barre des 100 matches de LNB avec 112 matches dirigés, il dépasse Pascal THIBAULT qui en était resté à 98. Mieux il accepte une prolongation de contrat de trois ans avec son fidèle adjoint Sylvain GRZANKA...